Guide produit · Cadrage

Cahier des charges de MVP : ce qu'il contient

Les modèles gratuits font cinquante pages et décrivent tout le produit. Un cadrage de première version en fait six, dit surtout ce qui n'est pas dedans, et se termine par un prix ferme. Voici ce que le nôtre contient, section par section, avec un exemple rempli.

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À quoi sert ce document, et à quoi il ne sert pas

Un cahier des charges classique décrit un produit fini. Il liste toutes les fonctionnalités, les classe par priorité, et laisse au prestataire le soin de découper. Il fait souvent cinquante pages, il est rarement lu en entier, et il n’empêche aucun devis de déraper, parce que tout y est « à faire ».

Le cadrage d’une première version répond à une question plus étroite : que faut-il construire pour mettre le produit devant ses premiers utilisateurs, et rien d’autre ? Il tient en six à huit pages. La section la plus longue est celle de ce qui n’est pas dedans. Et il se termine par un chiffre ferme, parce qu’un périmètre fermé se chiffre, alors qu’une liste de souhaits se devine.

C’est ce document que nous produisons en une journée, pour 500 €, déduits du forfait si le développement suit. Le reste de cette page dit ce qu’il y a dedans, pour que vous sachiez ce que vous achetez, ou pour que vous l’écriviez vous-même.

Les huit sections, dans l’ordre

1. Le problème, et pour qui. Une phrase qu’on peut contredire. « Les animateurs d’ateliers créatifs perdent des inscriptions parce qu’ils gèrent leurs créneaux par messages privés » se vérifie. « Une plateforme moderne pour la créativité » ne se vérifie pas et ne cadre rien.

2. Les parcours de la première version. Deux à quatre, écran par écran, en texte. Ce que voit l’utilisateur, ce qu’il fait, ce qui se passe. Pas de maquette : une maquette fige un dessin avant d’avoir figé un périmètre, et c’est le périmètre qui coûte.

3. Les données. Quelles choses le produit manipule (un atelier, un créneau, une réservation), ce qui les relie, et d’où elles viennent. Si des données existent déjà, un fichier de clients, un catalogue, un historique, c’est ici qu’on dit ce qu’on en fait et ce qu’on laisse.

4. Ce qui tourne sans personne. Les courriels envoyés automatiquement, les rappels, les synchronisations, les traitements de nuit. Pour chacun : ce qui le déclenche, et comment on sait qu’il a échoué. Un traitement qui échoue en silence n’est pas un traitement, c’est une panne différée.

5. Les services tiers. Paiement, envoi de courriels, hébergement, nom de domaine. Pour chacun : le compte à ouvrir, à votre nom, et son coût mensuel estimé. Le cadrage donne l’ordre de grandeur de ce que le produit vous coûtera par mois avant d’avoir un client.

6. Ce qui n’est pas dedans. La liste la plus longue du document, nommée fonctionnalité par fonctionnalité. Tout ce qu’un lecteur pourrait supposer inclus et qui ne l’est pas. C’est elle qui fait tenir le prix : une demande qui n’y figure pas et qui n’est pas dans les parcours est une demande nouvelle, chiffrée à part.

7. Les inconnues. Ce que le cadrage n’a pas pu trancher, et ce qui le tranchera. Une API tierce dont on n’a pas la documentation, un volume qu’on ne connaît pas, une règle métier que vous n’avez pas encore décidée.

8. Le chiffrage et le calendrier. Un prix ferme, un délai, et les hypothèses qui les conditionnent, en général les accès et vos délais de validation. Si une hypothèse tombe, le prix ne bouge pas, le calendrier si, et vous le savez au point d’avancement suivant.

Vous avez déjà un cahier des charges ? Envoyez-le avec la description du produit. Le cadrage le lit, le raccourcit, et en sort ce qui va dans la première version.

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Un exemple rempli

Cas construit pour cette page, à partir de demandes réelles : une plateforme de réservation d’ateliers créatifs. Des animateurs publient des créneaux, des participants réservent et paient à l’unité.

Problème. Les animateurs gèrent leurs inscriptions par messages privés et perdent des places faute de confirmation.

Parcours. L’animateur crée un atelier et ses créneaux. Le participant trouve un atelier, choisit un créneau, paie, reçoit une confirmation. L’animateur voit qui vient. Trois parcours, neuf écrans.

Données. Animateur, atelier, créneau, réservation, paiement. Rien à importer.

Ce qui tourne sans personne. Confirmation à la réservation, rappel la veille, versement à l’animateur après l’atelier. Chacun journalisé, et un courriel de récapitulatif quotidien à l’exploitant.

Services tiers. Paiement (compte à ouvrir, commission par transaction), courriels (offre gratuite jusqu’à quelques milliers par mois), hébergement (une dizaine d’euros par mois), domaine.

Hors périmètre. Abonnements, avis et notes, messagerie entre participants et animateurs, application mobile, multi-langue, codes promotionnels, annulation avec remboursement automatique (traitée à la main au début), tableau de bord de statistiques, référencement des pages d’ateliers.

Inconnues. Le délai de versement aux animateurs dépend du prestataire de paiement retenu ; la règle d’annulation n’est pas décidée.

Chiffrage. MVP standard, parce qu’il y a un paiement et un espace d’administration : 5 600 €, sept semaines, sous réserve des accès sous dix jours.

Ce qui frappe dans cet exemple, c’est la longueur de la liste « hors périmètre » par rapport aux parcours. C’est normal. C’est même le signe que le cadrage a fait son travail.

Pourquoi il est payant

Un cadrage gratuit est un argument de vente. Il est fait vite, pour signer, et ce qu’il n’a pas pris le temps de regarder se retrouve dans le devis sous la forme d’une marge, ou dans le projet sous la forme d’un dépassement. Dans les deux cas c’est vous qui le payez, plus tard et plus cher.

Un cadrage payé est un livrable. Il est fait pour être juste, parce qu’il engage un prix ferme derrière. Et il vous appartient : si vous décidez de construire ailleurs, n’importe quel développeur peut chiffrer dessus, et vous comparerez des devis qui portent sur la même chose.

Ce que le cadrage refuse d'écrire

Des maquettes graphiques, qui relèvent du design et figent un dessin avant un périmètre. Une technologie imposée par le client, qui transforme un forfait en pari. Une « phase 2 » détaillée, qui n’engage personne et fait grossir le document. La phase 2 s’écrit quand la première version a des utilisateurs.

Quand il ne faut pas cadrer

Quand l’idée n’a jamais été mise devant personne. Une page de présentation et dix conversations coûtent moins cher qu’une journée de cadrage, et elles diront si le problème existe. Le cadrage vient après, quand quelqu’un a dit oui.

Quand le produit existe déjà. On ne cadre pas ce qui tourne, on l’audite : le document part de ce qui est là, pas de ce qu’on voudrait.

Quand le budget est sous 3 000 €. Un outil sans code fera la première version, et nous vous le dirons dès la description du produit, avant de facturer quoi que ce soit.

Questions fréquentes

Faut-il un cahier des charges avant de vous écrire ?
Non. Trois champs suffisent : ce que vous cherchez à faire, le produit en quelques lignes, une adresse. Le cadrage est précisément ce qui transforme ces quelques lignes en document.
Puis-je fournir le mien ?
Oui, et c'est utile. Le cadrage le lit, en garde ce qui va dans la première version, et nomme le reste dans la liste hors périmètre au lieu de le laisser en suspens.
Le cadrage m'engage-t-il à commander le développement ?
Non. Vous payez une journée de travail et vous recevez un document qui vous appartient. Le commander chez nous, ailleurs, ou ne rien faire sont trois issues normales.
Et si je change d'avis après le cadrage ?
Ce qui est dans les parcours se fait au prix annoncé. Ce qui n'y est pas est une demande nouvelle, chiffrée à part par écrit, et vous décidez de l'ajouter ou de la garder pour la suite. Le prix du cadré ne bouge pas.
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Décrivez votre produit en quelques lignes. Le cadrage suit, en une journée, et il vous appartient quelle que soit votre décision.

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